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NOUVELLES MISSIONS DU PHARMACIEN | PERSPECTIVES

Le rôle du pharmacien ne se limite plus à la seule délivrance de médicaments et de conseils pharmaceutiques au comptoir. Depuis la loi HPST de 2009, son métier a été considérablement bouleversé. Vaccination, suivi des malades chroniques, entretiens pharmaceutiques, coordination avec les autres professionnels de santé… La liste de ses missions s’est étoffée au fur et à mesure. En tant qu’acteur de santé publique, il est amené à modifier sa pratique et ses compétences afin de s’adapter aux réformes successives du système de santé. Quelles ont été les évolutions majeures ? Quelles sont les perspectives pour 2022 ? Tour d’horizon dans cet article des nouvelles missions du pharmacien.  

Principales avancées réglementaires des modes d’exercice à l’officine

Votée en 2009, la loi HPST, « Hôpital, Patients, Santé et Territoires », a posé un premier cadre, reconnaissant au pharmacien le droit d’exercer des responsabilités, au-delà de son métier habituel : prévention et dépistage, suivi personnalisé des patients, coordinateur d’équipe de soins, etc., tels sont les champs dans lesquels il a été appelé à s’engager.

Ce premier cap a constitué le prélude à une série d’évolutions législatives, entraînant un élargissement progressif des modes d’exercice de l’officine. Certaines missions se sont imposées, comme celles de contribuer aux soins de 1er recours (prévention, dépistage, diagnostic…), de coopérer avec les professionnels de santé afin de renforcer les missions de service public ou encore de collaborer à la permanence des soins.

D’autres rôles sont restés facultatifs, mais encouragés à l’image des actions d’éducation thérapeutique du patient (ETP) ou de la fonction de pharmacien correspondant introduite par la loi HPST et réaffirmée dans la loi relative à la transformation du système de santé du 24 juillet 2019. Celle-là a marqué un tournant majeur dans le contexte du développement des structures d’exercice coordonné, notamment des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) en consacrant la participation active du pharmacien, opérateur de proximité incontournable. Elle a eu le mérite d’intégrer de nouveaux services, à l’image de la dispensation sous protocole dans le cadre d’un exercice coordonné. Entérinée par décret en 2021, cette disposition permet à l’équipe officinale de délivrer certains médicaments à partir d’une liste validée par la Haute Autorité de Santé (HAS) et de renouveler des traitements pour certaines pathologies en suivant des protocoles prédéfinis.  

Afin de lutter, entre autres, contre les inégalités d’accès aux soins, cette loi a également inscrit dans les pratiques officinales la coopération aux activités de télémédecine. Les conditions de mise en œuvre de celles-ci ont été déclinées concrètement par décret en 2021, suite à un régime dérogatoire mis en place en 2020 pour faciliter la prise en charge la Covid-19. Le pharmacien peut désormais assister le patient depuis un espace confidentiel de sa boutique, en mettant à disposition un plateau technique nécessaire à la consultation à distance. Il bénéficie d’une participation forfaitaire pour le temps consacré à l’organisation de la séance et l’aide apportée au médecin et au patient.

Autre fait marquant, la vaccination antigrippale a été expérimentée pendant plusieurs années dans les officines de quelques régions en France. Elle a été généralisée à toutes grâce à la LFSS 2019 qui l’a intégrée dans les nouvelles missions du pharmacien, en vertu des recommandations vaccinales de la HAS. La pharmacie perçoit des rémunérations pour ces services que les syndicats s’emploient à négocier avec l’Assurance maladie. Sur le plan financier, l’enjeu clé pour la profession vise à obtenir un modèle économique attractif et viable ce qui peut s’avérer délicat dans un contexte de restriction budgétaire des dépenses de santé.

Impact des mesures exceptionnelles de la Covid-19 pour la pharmacie

Le pharmacien occupe une place grandissante, contribuant au parcours de soins des patients et à leur coordination, en partenariat avec les autres acteurs de santé. Depuis la survenue de la crise sanitaire de 2020, cette tendance s’est accélérée. Renouvellement de traitements chroniques, réalisation de tests antigéniques, préparation de soluté hydroalcoolique, délivrance de médicaments issus de la réserve hospitalière, telles ont été certaines des nouvelles missions du pharmacien accordées dans un contexte inédit d’urgence sanitaire. Depuis le mois de mars 2021, il participe également à la vaccination contre la Covid-19. À n’en pas douter, son champ d’intervention s’amplifie. Cette mutation n’aurait pas été possible sans les travaux et l’engagement politique des représentants de la profession depuis la fin des années 2000 et les jalons posés par étapes depuis la loi HPST visant à accroître ses responsabilités.

Evolution des nouvelles missions du pharmacien 

Les discussions autour de la future convention pharmaceutique de 2022 sont engagées, offrant ainsi l’opportunité aux syndicats de négocier le développement du socle de services. Au programme, sont inscrites de nombreuses pistes de travail comme le renforcement du rôle de l’officine dans le domaine de la prévention, du dépistage et du suivi des maladies chroniques (diabète, cancer colorectal, insuffisance cardiaque, hypertension, etc.) ou encore des actions pour favoriser le bon usage du médicament.

Les travaux touchent également à l’évolution du statut de pharmacien correspondant, jugé contraignant sur certains points. Le professionnel doit en effet appartenir obligatoirement à une structure d’exercice coordonné pour y prétendre, condition difficile à atteindre dans la réalité. Par ailleurs, le patient désigne son pharmacien correspondant, mais le médecin doit mentionner sur l’ordonnance son accord en vue du renouvellement des traitements, ce qui limite la marge de manœuvre de l’équipe de l’officine.

Pour l’heure, la LFSS 2022 a validé une nouvelle disposition favorable à l’extension des missions, à savoir la possibilité de renouveler, en cas d’urgence, les ordonnances de médicaments et dispositifs médicaux des traitements chroniques dans la limite d’un mois afin d’assurer la continuité des soins.

Vous l’avez compris, la transformation du métier est bien en marche. En tant qu’acteur de proximité auprès du patient, le pharmacien bénéficie d’une place légitime et reconnue au sein du paysage sanitaire pour se déployer au travers de nouvelles missions. Plusieurs enjeux se présentent à lui aujourd’hui : se saisir de ces opportunités, s’adapter dans un secteur en pleine mutation et s’impliquer pour prouver ses compétences pluriprofessionnelles et son ouverture envers l’ensemble des opérateurs de santé publique.

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