Génériques : Moins de réglementation, plus de concurrence pour relancer le marché

« Le marché du générique en France est à bout de souffle et déboussolé, je doute de la volonté des pouvoirs publics à développer ce marché », a lancé sans complaisance Erick Roche, président du Gemme (association des génériqueurs), lors de la première rencontre Concurrence et Santé qui s’est tenue à l’Université Paris Descartes à Paris, mardi 5 décembre.  
Face aux autorités qui pilotent ce marché par des baisses de prix plutôt que par une augmentation des volumes, « la question se pose sur le maintien de notre présence sur le marché français, des arbitrages sont en cours chez certains acteurs », a-t-il prévenu. En effet, 2 voire 3 d’entre eux envisageraient de se retirer, en raison du manque de profitabilité, de visibilité et de stabilité. Par ailleurs, comme l’a souligné Hugues Villey-Desmeserets, avocat du cabinet BCTG, le générique évolue dans un cadre juridique complexe et relevant d’un « millefeuille » de quatre codes différents (codes de la santé publique, de la sécurité sociale, du commerce et pénal) dont les interprétations sont à l’origine d’incohérences et de blocages du marché. 
« Il faut trouver une rationalité nouvelle dont la concurrence est l’un des outils », a suggéré Francis Megerlin, professeur à l’Université de Strasbourg. En particulier, le déplafonnement des remises permettrait de relancer le jeu concurrentiel entre les acteurs du marché. « Il faut assouplir la réglementation là où c’est opportun et laisser de la liberté aux acteurs », a plaidé dans le même sens Alain Boulanger, représentant du ministère de l’Economie et des Finances.






François Pouzaud
(Les Moniteurs)