Pratiques pharmaceutiques : en vente dans d’autres circuits de distribution, et alors ?

L’ordre national des pharmaciens suit avec beaucoup de vigilance les pratiques pharmaceutiques non respectueuses de la santé des patients, avait déclaré en mai dernier Alain Delgutte, lors du colloque Pharma Système Qualité.

Regrettant que seulement 11 % des pharmacies soient engagées dans le processus de certification qualité, le président du conseil central A de l’ordre national des pharmaciens souhaite forcément voir s’installer une concurrence par la qualité, « avec des pharmacies spécialisées dans l’offre de soins, comme dans l’orthopédie sur mesure ou dans la préparation officinale ».

A la suite d’une remarque de Marie-Christine Gros-Favrot, professeur de médecine et cancérologue, insistant sur le fait que 60 % des pharmaciens se transformaient en « commerçants de produits dont l’efficacité et l’absence de toxicité n’ont pas été démontrées », Alain Delgutte a appelé à ne pas tout mélanger : « Ce n’est pas parce que certaines pharmacies présentent beaucoup de parapharmacie et de promotions qu’elles travaillent mal. C’est en revanche en termes d’image et de ressenti qu’elles nuisent à la profession. » 

Expliquant que certains laboratoires imposaient la totalité de leur catalogue et ainsi la vente de dispositifs médicaux, de compléments alimentaires et cosmétiques, Alain Delgutte a en parallèle évoqué une condamnation de pharmacien avec interdiction provisoire d’exercer. Ce confrère avait en effet vendu en une seule fois 10 boîtes d’un complément alimentaire à base de cascara. La patiente avait ensuite été hospitalisée avec chute brutale du potassium. « Pour sa défense, le pharmacien a estimé que ces produits étant en vente dans d’autres circuits, il n’était plus utile d’en contrôler la vente. La réponse est non », a-t-il conclu avec véhémence.

William Danton

(Les Moniteurs)